{"id":727,"date":"2013-07-03T13:34:06","date_gmt":"2013-07-03T12:34:06","guid":{"rendered":"http:\/\/www.ounjougou.org\/fr\/?page_id=727"},"modified":"2013-07-03T13:34:06","modified_gmt":"2013-07-03T12:34:06","slug":"etudier-le-present-pour-comprendre-le-passe-les-traditions-ceramiques-du-mali","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.ounjougou.org\/fr\/projets\/mali\/ethnoarcheologie\/etudier-le-present-pour-comprendre-le-passe-les-traditions-ceramiques-du-mali\/","title":{"rendered":"Etudier le pr\u00e9sent pour comprendre le pass\u00e9 : les traditions c\u00e9ramiques du Mali"},"content":{"rendered":"<h4>Le contexte ethnohistorique<\/h4>\n<div id=\"attachment_729\" style=\"width: 290px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/www.ounjougou.org\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2013\/07\/ceram_01tradA_350_386-1-1.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-729\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\" wp-image-729 \" alt=\"Jarre \u00e0 eau de la tradition Dogon A (femmes d'agriculteurs). Photo J.-G. Elia \" src=\"http:\/\/www.ounjougou.org\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2013\/07\/ceram_01tradA_350_386-1-1.jpg\" width=\"280\" height=\"309\" \/><\/a><\/p>\n<p id=\"caption-attachment-729\" class=\"wp-caption-text\">Jarre \u00e0 eau de la tradition Dogon A (femmes d&rsquo;agriculteurs). Photo J.-G. Elia<\/p>\n<\/div>\n<p>Aujourd\u2019hui, la Boucle du Niger est habit\u00e9e par de nombreux groupes ethniques aux modes de vie compl\u00e9mentaires, privil\u00e9giant la p\u00eache, l\u2019\u00e9levage ou l\u2019agriculture. Originaires de diverses r\u00e9gions, leurs langues appartiennent \u00e0 diff\u00e9rentes familles linguistiques : famille Niger-Congo (sous-familles Mand\u00e9, Gur, Dogon et Ouest-atlantique), Nilo-saharienne (Songhay) et Afro-asiatique (Touareg, Arabe).<\/p>\n<p>Les identit\u00e9s, reconnues sur la base des langues, des patronymes, des sp\u00e9cialisations \u00e9conomiques ou des ma\u00eetrises sur l\u2019eau, la terre ou l\u2019herbe, \u00e9voluent constamment dans le temps. La diversit\u00e9 actuelle r\u00e9sulte d\u2019une histoire complexe de migrations, d\u2019alliances, d\u2019assujettissements, de diff\u00e9renciations sociales et de sp\u00e9cialisations. La mise en place de ces populations s\u2019est principalement faite au cours des deux ou trois derniers mill\u00e9naires. M\u00eame si la g\u00e9ographie humaine actuelle est bien diff\u00e9rente de celle d\u2019il y a deux mille ans, les racines des groupes que l\u2019on rencontre aujourd\u2019hui plongent dans un pass\u00e9 lointain, et certains savoirs locaux ont pu se transmettre au-del\u00e0 des al\u00e9as particuliers de l\u2019histoire.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, les soci\u00e9t\u00e9s sont stratifi\u00e9es et comprennent les producteurs vivriers nobles (agriculteurs, \u00e9leveurs), les castes artisanales endogames (forgerons, tisserands, boisseliers, bijoutiers, griots) et les anciens esclaves. La production c\u00e9ramique est une activit\u00e9 pratiqu\u00e9e par des femmes appartenant aux castes d\u2019artisans. Elles sont souvent femmes de forgerons, mais chez les Peul elles sont aussi femmes de tisserands, de boisseliers ou de cordonniers. Chez les Dogon, cet artisanat peut \u00eatre assur\u00e9 par des femmes d\u2019agriculteurs.<\/p>\n<h4>Quatre r\u00e9gularit\u00e9s fondamentales<\/h4>\n<p>Plusieurs \u00ab r\u00e9gularit\u00e9s \u00bb identifi\u00e9es dans le pr\u00e9sent permettent de s\u00e9lectionner les crit\u00e8res descriptifs des c\u00e9ramiques pertinents pour l\u2019interpr\u00e9tation des vestiges arch\u00e9ologiques :<\/p>\n<ul>\n<li>&#8211; Il existe des \u00ab traditions \u00bb c\u00e9ramiques, d\u00e9finies par des techniques de fa\u00e7onnage et des propri\u00e9t\u00e9s esth\u00e9tiques, qui refl\u00e8tent l\u2019identit\u00e9 des producteurs : la fa\u00e7on de construire l\u2019\u00e9bauche du r\u00e9cipient et les d\u00e9cors d\u2019impressions roul\u00e9es sont de bons indicateurs des entit\u00e9s ethnolinguistiques.<\/li>\n<li>&#8211; L\u2019assemblage des r\u00e9cipients d\u2019une unit\u00e9 d\u2019habitation refl\u00e8te l\u2019identit\u00e9 des habitants : ceci se v\u00e9rifie statistiquement malgr\u00e9 un m\u00e9lange des traditions c\u00e9ramiques au niveau de la consommation dans les r\u00e9gions o\u00f9 l\u2019offre sur les march\u00e9s est diversifi\u00e9e.<\/li>\n<li>&#8211; Les dimensions des r\u00e9cipients refl\u00e8tent leur fonction : la hauteur, le diam\u00e8tre maximum et le diam\u00e8tre \u00e0 l\u2019ouverture, conjugu\u00e9s \u00e0 des indices de proportion et \u00e0 des traces d\u2019utilisation, permettent de caract\u00e9riser la fonction d\u2019une poterie.<\/li>\n<li>&#8211; La r\u00e9partition spatiale d\u2019une tradition c\u00e9ramique refl\u00e8te la structure du peuplement du groupe producteur : la zone de production correspond au r\u00e9seau matrimonial des poti\u00e8res, donc au territoire occup\u00e9 par leur ethnie. La zone de consommation peut en revanche s\u2019\u00e9tendre au-del\u00e0 des limites du groupe, par diffusion lors de la vente.<\/li>\n<\/ul>\n<div id=\"attachment_730\" style=\"width: 304px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/www.ounjougou.org\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2013\/07\/ceram_02tradD_350_357-1-1.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-730\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-730 \" alt=\"Jarre pour le transport de l'eau, tradition Dogon C (femmes de forgerons). Photographie J.-G. Elia. \" src=\"http:\/\/www.ounjougou.org\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2013\/07\/ceram_02tradD_350_357-1-294x300.jpg\" width=\"294\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.ounjougou.org\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2013\/07\/ceram_02tradD_350_357-1-294x300.jpg 294w, https:\/\/www.ounjougou.org\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2013\/07\/ceram_02tradD_350_357-1.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 294px) 100vw, 294px\" \/><\/a><\/p>\n<p id=\"caption-attachment-730\" class=\"wp-caption-text\">Jarre pour le transport de l&rsquo;eau, tradition Dogon C (femmes de forgerons). Photo J.-G. Elia<\/p>\n<\/div>\n<h4>Un mod\u00e8le d\u2019histoire des techniques et des peuplements<\/h4>\n<p>Savoir si la variabilit\u00e9 de la culture mat\u00e9rielle refl\u00e8te des fronti\u00e8res culturelles pass\u00e9es n\u00e9cessite l\u2019int\u00e9gration de donn\u00e9es issues de trois domaines distincts : l\u2019ethnoarch\u00e9ologie, l\u2019ethnohistoire et l\u2019arch\u00e9ologie. Cette d\u00e9marche a permis de reconstruire une histoire culturelle des traditions c\u00e9ramiques dans la Boucle du Niger.<\/p>\n<p>Avant le 15\u00e8me si\u00e8cle, les r\u00e9partitions spatiales des caract\u00e9ristiques c\u00e9ramiques forment des groupes qui se superposent et qu\u2019il est possible d\u2019associer aux familles linguistiques Mand\u00e9, Gur et Songhay. Quelques caract\u00e9ristiques pr\u00e9sentes un peu partout doivent plut\u00f4t \u00eatre comprises comme la persistance d\u2019\u00e9l\u00e9ments du substrat n\u00e9olithique plus ancien.<\/p>\n<p>La charni\u00e8re des 13\u00e8me-15\u00e8me si\u00e8cles est marqu\u00e9e par de nombreux mouvements de populations. D\u00e8s cette \u00e9poque, nous pouvons raccorder les changements principaux concernant les traditions c\u00e9ramiques avec la dynamique du peuplement des groupes actuels. Par exemple, il est possible de reconna\u00eetre la persistance des traditions associ\u00e9es aux populations dites autochtones bwa et bozo-somono, de retracer la progression des Songhay remontant le long du fleuve Niger jusqu\u2019au lac D\u00e9bo, la colonisation agricole des Bambara le long du Bani puis du Niger, ou l\u2019installation des Dogon \u00e0 la falaise de Bandiagara.<\/p>\n<p>Enfin, l\u2019\u00e9volution des traditions c\u00e9ramiques semble peu influenc\u00e9e par l\u2019introduction du syst\u00e8me des castes, probablement dans le contexte de l\u2019empire du Mali, et par l\u2019autorit\u00e9 des pouvoirs \u00e9tatiques successifs, \u00e0 l\u2019exception du royaume mossi du Yatenga. Les changements paraissent plut\u00f4t li\u00e9s aux migrations, qu\u2019elles soient d\u2019origine climatique, \u00e9conomique, politique ou religieuse.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/ua.unige.ch\/fr\/personne\/annemayor\/\">Anne Mayor<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le contexte ethnohistorique Aujourd\u2019hui, la Boucle du Niger est habit\u00e9e par de nombreux groupes ethniques aux modes de vie compl\u00e9mentaires, privil\u00e9giant la p\u00eache, l\u2019\u00e9levage ou l\u2019agriculture. 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